Coyah : la prison civile ouvre ses portes au ministre Charles qui note les conditions…

Pour s’enquérir des réalités dans les prisons et les conditions de vie des détenus, le ministre de la justice et des droits de l’homme continue sa tournée. Ce mercredi, Alphonse Charles Wright s’est rendu à la prison civile de la préfecture de Coyah.

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En compagnie des cadres de son département, le patron du département de la justice, avant de visiter la prison, s’est d’abord entretenu avec le procureur général et les autorités administratives.

En entamant sa communication, Alphonse Charles a fait savoir son appréciation du travail effectué dans cette préfecture en matière judiciaire.

« On sait ce que vous êtes en train de faire du côté de Coyah, c’est vraiment salutaire. Quand ce n’est pas bon, je vous dirais que ce n’est pas bon. Mais, puisque vous fournissez assez d’efforts, nous en tant qu’autorités judiciaires, nous devrons venir réfléchir à vos côtés pour doter de Coyah une prison qui soit vraiment respectueuse des droits humains », dit-il.

Connu pour son franc parlé, le ministre a déploré le fait que : « les gens meurent en prison par manque d’oxygène, c’est inacceptable pour moi en tant que ministre de la justice et des droits de l’homme ; ce n’est pas une bonne image pour Coyah », ajoute-t-il, soulignant la nécessité d’une bonne collaboration entre les autorités judiciaires et administratives.

« J’ai dit au ministre de l’administration du territoire, s’il faut faire la délégation budgétaire pour que des prisons-là soient réalisées, on le fera. Mais, vous savez qu’on n’est pas venu faire l’état des lieux, on ne peut pas faire cela à votre insu. Et, c’est pour aussi savoir le rapport entre vous et les autorités judiciaires. Parce que, comme je l’ai toujours rappelé, vous ouvrez tous les services publics.

Il va de soi que dans cette préfecture qu’il faut une cohésion entre les autorités administratives et celles judiciaires, tout cela doit être concocté dans la courtoisie administrative, dans le respect des prérogatives qui doit caractériser chaque pouvoir au sein de cette préfecture », a-t-il martelé.

Répondant aux questions du visiteur, le procureur de Coyah a indiqué la nature de sa relation avec les autorités administratives. Il dira que les rapports sont plutôt bons.

« Pratiquement, la nature de nos relations est très bonne. C’est vrai que ça n’a pas été facile au début, mais pratiquement il n’y a pas de problèmes majeurs. La dernière fois, avec monsieur le préfet, nous avons échangé, nous avons dit qu’il faut qu’on travaille en synergie puisque nous travaillons pour la même population. Alors, toute action que nous devons poser doit collaborer avec la volonté des autorités de l’Etat, pour faire en sorte que la paix et la quiétude puissent régner dans cette circonscription… »

Après cet entretien, la délégation a pris la direction de la prison civile. Là, l’état des lieux a été fait. La reconstruction de cette maison de détention est l’un des points phares que le ministre a noté dans son agenda.

Au sortir, Alphonse Charles s’est adressé à la crème de la presse qui l’accompagne dans cette tournée.

« Il y a lieu, en toute sincérité, à travers ce qui résulte de l’état des lieux, il y a une nécessité impérieuse pour le département de la justice et des droits de l’homme de se pencher sans délai à la situation carcérale des détenus d’une manière générale mais, en particulier dans les préfectures. Les questions de droits de l’homme sont d’intérêt national. Dis-moi comment sont tes prisons, je te dirai comment est ta position en matière de respect des droits de l’homme. Le président de la transition a donné des instructions fermes au département de la justice et des droits de l’homme de faire adopter une politique pénitentiaire. Aujourd’hui, la politique pénitentiaire de l’Etat guinéen, vise à améliorer de manière substantielle les conditions de détention dans notre pays. C’est pourquoi, il nous a dit d’aller sur le terrain, on n’a rien à cacher, il faut que nos actions soient empreintes de sincérité parce que derrière cela, il y a des actions fortes qui vont être prises par rapport à la construction et à la rénovation de ces maisons de détention », annonce le ministre.

Pourtant, à l’en croire, des entreprises avaient été engagées pour effectuer les travaux de reconstruction de cette prison. Malheureusement, aucune trace à date. Furieux, le chef du département des droits de l’homme menace d’engager des poursuites judiciaires contre ces sociétés.

« Vous avez vu la situation carcérale au niveau de Coyah, les montants d’argent ont été payés à trois entreprises qui n’ont jamais réalisé les travaux de construction de ces prisons. La conséquence aujourd’hui est qu’on est obligé de transformer un bâtiment qui devrait servir au logement du personnel en prison, ce n’est pas possible. Cela est inadmissible. Donc, nous avons pris des engagements que ces entreprises vont être appelées à venir discuter avec nous. Mais, si les responsabilités de détournement sont avérées, mon département n’hésitera pas d’engager une poursuite judiciaire pour que désormais, que des gens sachent que les questions de détentions ne sont pas des questions secondaires, ce sont des questions qui attirent l’attention de l’opinion nationale et internationale ».

L’autre fait qui a attiré les attentions, c’est l’utilisation du domaine devant abriter la nouvelle prison à des besoins personnels. L’ex procureur de la cour d’appel accuse l’ancien administrateur général de cette maison de détention.

« Vous savez, lorsque je parle dans ce pays, parfois mes actions sont mal perçues parce que la refondation de l’Etat touche à certains intérêts. Mais, lorsque vous êtes chef de département de la justice et des droits de l’homme, vous ne devrez pas hésiter sur des moyens légaux pour faire sentir l’autorité de la justice à tous les niveaux. Ce domaine, qui doit abriter la prison, a été morcelé par l’ancien directeur de l’administration pénitentiaire. Il y a des poursuites judiciaires qui vont être engagées contre lui. On ne peut pas parler de la moralisation de la vie publique sans commencer par devant ta porte. Vous ne pouvez pas sacrifier les droits des détenus pour des questions personnelles ».

De retour de Coyah, Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org