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Me Yomba raconte : ‘’ le jour où j’ai été enfermé avec Toumba dans sa cellule…’’

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Parmi les inculpés dans le cadre des massacres du 28 septembre 2009, Aboubacar Toumba Diakité paraît comme le mieux préparé par ses avocats pendant de nombreuses années. Le militaire qu’on ne pouvait pas regarder deux fois lors du règne du capitaine Moussa Dadis Camara, est aujourd’hui adulé par de nombreux guinéens pour son courage, sa simplicité et sa connaissance parfaite du coran qu’il utilise comme arme de séduction du tribunal.

Qu’elle stratégie a été mise en place pour que ce militaire dans l’âme se présente comme un homme moins brutal ?; Que le médecin se montre touché par la perte d’une vie humaine ?; Que le natif de Behenjain (Matoto) utilise les versets coraniques pour conquérir les cœurs dans un pays à 95 pour cent de musulmans ?

L’avocat de ‘’Man Favelo Toumbareck’’ était le deuxième invité de marque ce dimanche, 20 novembre, à l’AG Fouty-Lafidi. Me Paul Yomba Kourouma, répondant aux questions du public, a d’abord raconté le déroulé de sa première rencontre avec son client qui a été toujours présenté comme un criminel. Ensuite, il a parlé de la stratégie qui a été mise en place pour ‘’ humaniser’’ l’ex aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara.

Avenirguinee.org vous propose un extrait de son intervention.

« Je n’ai pas choisi Toumba Diakité, je ne le connaissais pas. J’étais même en audience à Dubréka, quand le procureur Sidi Souleymane N’diaye m’a appelé ‘’ Yomba, tu es où ?’’ j’ai dit : ‘’ je suis à Dubréka pour des raisons professionnelles’’ il a dit : ‘’ alors toute activité cessante, regagne la maison centrale’’, j’ai dit : ‘’ qu’est-ce qui se passe ? ‘’ Toumba vient d’être extradé, il doit être interrogé sur son identité, il faut un avocat. Et, il dit que c’est toi’’, m’a-t-il dit. Alors, j’ai rejoint la maison centrale. On m’a dit d’attendre au salon pour qu’on fasse venir Toumba, j’ai dit ‘’ non, on ne se verra pas directement, il faut que je concerte avec lui pour la stratégie pour cette première comparution’’. Puisqu’il n’est pas permis de traverser la cour et sortir de la cellule, j’ai été pour la première fois enfermé avec Toumba où je l’ai trouvé sur un canapé fait de mains de prisonniers à peine raboté avec un matelas qui ne couvrait à peine une place. Je me suis présenté à lui, on a élaboré la première sortie qui semble lui avoir réussie.

Stratégie

Ça été un travail de très longue galène. D’abord, c’est un militaire accompli. Quand je parlais de Toumba, les gens ne croyaient pas. Je ne dis pas que c’est un extraterrestre, mais, il faut que Toumba vous donne l’occasion de parler avec vous pour que vous puissiez le tenir. Donc, il fallait d’abord détruire cette force là en lui, il fallait l’humaniser, il fallait que cet égos-là disparaisse en lui ; qu’il sache que désormais il est simplifié et réduit à la plus petite expression, que la société l’avait déjà éjecté et qu’il avait besoin de réinsertion…, d’acceptation ; il faut qu’il parle et que ses compatriotes le comprennent. Nous l’avons fait dans le plus grand isolement. J’avais même demandé qu’on l’apporte de la climatisation, ce qui a d’ailleurs été refusé ; on n’avait pas de salon aménagé, il fallait vraiment s’asseoir soit par terre ou louer une chaise pour le faire. Donc, c’est là que le squelette, que la maquette, que l’ossature de la défense de Toumba Diakité a commencé à être expliquée. Je lui ai dit qu’il avait plusieurs verrous à transcender : le premier, c’est celui de se faire accepter par les hommes, par la société ; il devrait donc se présenter comme un médecin, un humaniste, un donneur de vie qui passe les nuits dans les hôpitaux et qu’il devait déposer le lendemain un rapport au niveau du staff à discuter devant les professeurs et les étudiants ; et que pour ce motif, l’emploi de la force était exclu. Je lui ai dit de se présenter comme un érudit, un homme de Dieu ; je lui ai demandé de se présenter comme un grand militaire qui, malgré qu’arborant l’uniforme de l’Etat, de dire que celui-ci est le fruit du contribuable guinéen qui lui a doté d’armes et de munitions qu’il ne pouvait retourner contre lui. Alors, il fallait donc que Toumba passe à cela. Et, cela a porté parce qu’aujourd’hui il a beaucoup de parties civiles qui sont en train de renoncer ; des stations de radio mêmes qui présentent des excuses parce que l’homme avait été très mal compris. Nous avons des imams pas d’ici seulement, de l’Arabie Saoudite qui nous appellent à son sujet.

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Le deuxième verrou, c’est celui de la séduction du tribunal. Il doit convaincre, il doit écarter d’un revers de la main chaque chef d’inculpation, ce à quoi il est en train de s’atteler maintenant. Et pour cela, il a des témoins de taille ; des gens qui sont déjà passés comme acquis à sa cause. Il y aussi les leaders qui interviennent. Donc, nous avons besoin des « Grands Électeurs » comme aux Etats-Unis. Si Mouctar Diallo intervient, M. Sidiya Touré et autres pour dire que nous en avons nos vies qu’à Toumba Diakité, je crois que le quorum peut être atteint et l’objectif visé sera peut être celui de l’absolution de Toumba pour sa libération ».

Fran

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