Victimes du camp Boiro :  » Pour nous, Sékou Touré n’est pas un héros « 

L’Association des victimes du Camp Boiro a célébré ce mercredi, les 52 ans de disparition de leurs parents, amis et connaissances sous le régime d’Ahmed Sékou Touré. C’est à la résidence de Diallo Telli, sise dans la commune de Dixinn que la cérémonie a eu lieu. Devant les médias, l’activité a débuté par la lecture du saint coran, suivie par le dépôt des fleurs sur la mémoire des morts au camp Boiro.

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 » Nous avons décidé, comme chaque 25 janvier chargé d’histoire pour notre pays, de commémorer les exécutions de 80 personnes à travers la Guinée, toutes pendues pendant le régime de Sékou Touré. Donc, chaque 25 janvier nous pleurons nos morts, nous venons prier, nous commémorons cette date symbolique », dit Abdoulaye Conté, secrétaire exécutif de l’association des victimes de camp boiro.

Contrairement aux années dernières au cours desquelles les manifestations sont organisées, cette fois-ci, l’AVG s’est abstenue. Les raisons sont liées aux interdictions faites par les autorités de la transition, notamment celles liées aux manifestations de rue.

« Nous avions l’habitude de faire une marche du pont 8 novembre au camp Boiro. Mais, comme les nouvelles autorités ont interdit toutes manifestations, on le fait dans le respect de toutes les réglementations actuellement et pour la sécurité de nos membres », poursuit-il.

Pour les parents des victimes, cette date rappelle un mauvais souvenir. Rama Taran, fille du Docteur Alpha Taran, ancien ministre de la santé tué au camp Boiro, indique que cette  » C’est une journée tristement célèbre; un anniversaire qu’on commémore chaque année en pensant à nos victimes ».

Au-delà de cette souvenance, elle souligne une autre raison de la célébration de cette journée : « On maintient cette date pour que la jeune génération sache ce que le premier président de la Guinée a fait… Il a chassé le colon blanc, nous estimons qu’il a fait pire que ce dernier. Il a fait pendre les guinéens alors que ce n’était pas prescrit par la constitution guinéenne. Il a tué par guette, cela veut tout dire privation de nourriture jusqu’à ce que mort s’en suive ».

Concluant ses propos, elle appelle les autorités de la transition à procéder à l’ouverture de ce dossier.

« … Il faut que ces autorités acceptent d’ouvrir ce dossier. Ils ont ouvert le dossier le 28 septembre, nous saluons cela. Après, ils ouvrent le dossier du camp boiro. Pour nous, M. Sékou Touré n’est pas un héros ».

 

Alsény Savané pour avenirguinee.org
625-21-04-05